Le vrai du faux

Pour en finir avec les idées reçues…

Caprice de riches, traitement pour névrosés, pratique narcissique… En France, on parle beaucoup de psychanalyse et de psychothérapie. Les analystes et autres psychologues remplissent les pages de nos magazines, leurs livres se vendent comme des petits pains, et pourtant… les clichés vont bon train. Vous avez envie d’essayer, mais ce que vous entendez autour de vous vous empêche de faire le premier pas ? Vous pensez que l’analyse ou la psychothérapie, c’est seulement pour ceux qui vont très mal ? Détrompez-vous.

La thérapie va complètement me transformer :

Non, la thérapie ne va pas vous transformer, elle ne va pas faire de vous quelqu’un d’autre mais elle va vous apporter la liberté de vous exprimer, de vous réconcilier avec vous même, de vous accepter tel(le) que vous êtes.

Une thérapie révèle et permet de retrouver des parts de soi, jusque-là ignorées, qui après leur reconnaissance s’intègrent à la personnalité, qui devient alors plus harmonieuse.

A certains moments, l’entourage peut avoir l’impression que la personne se transforme. Plutôt qu’une transformation, il s’agit plus d’une libération, celle d’être enfin en accord avec soi-même. 

Aller voir un psy c’est un aveu de faiblesse

Tout comme nous pouvons être éprouvés dans notre corps, nous pouvons l’être dans notre psychisme…Pour une douleur physique, nous allons naturellement voir un médecin pourquoi la reconnaissance de la douleur psychique est-elle si problématique ?

Face à une épreuve si particulière, ne pas arriver à trouver en soi ou auprès de ses proches les ressources pour régler les difficultés est courant. Chacun a ses limites, et le reconnaître est au contraire courageux.

Quel intérêt d’aller parler à quelqu’un qui ne me connaît pas

C’est précisément parce que le psychologue ne vous connaît pas, que vous pourrez lui parler librement, sans craindre les jugements ou les reproches en appréciant son recul et son expérience de professionnel, dans un climat empathique et propice à l’écoute.

Si je vais consulter, c’est que je suis incapable de m’en sortir tout(e) seul(e)

Et bien non ! le psy est là pour vous faire prendre conscience que les ressources pour vous en sortir seul(e) sont en vous, souvent bien enfouies.

Le psy n’est pas là pour faire à votre place, vous dire ce que vous devez faire, dire, décider…

Entreprendre un travail psychothérapique est courageux et la preuve que vous avez envie de vous en sortir par vous-même pour enfin avancer.

Les psys sont tous les mêmes

Il y a autant de façon d’être psychologue que de personnes qui pratiquent le métier ! En effet, même si les psychologues partagent un code de déontologie commun, les techniques sont variées et la pratique est fonction des compétences et de la personnalité de chaque professionnel.
Ne laissez pas une mauvaise expérience passée vous empêcher d’avancer.

Une thérapie…cela n’a pas de fin

Un psychologue ne peut déterminer à l’avance le nombre de séances de thérapie (si besoin de thérapie il y a)  car cela dépend de la problématique mais surtout de la personne qui vient consulter.
La personne va évoluer tout au long de la thérapie et cette évolution va être fonction de son engagement et de son implication. La durée de la thérapie n’est donc pas évaluable à l’avance, car elle évolue elle aussi.

On peut voir son psy une fois par semaine dans les périodes difficiles et moins souvent après. On peut le voir de manière intensive le temps de passer une période difficile puis espacer les rendez-vous, on peut avoir le rythme régulier d’une psychothérapie traditionnelle, tout est envisageable ! C’est aussi au patient de sentir ce qui lui convient le mieux et de ne pas hésiter à en discuter avec son psy.

Ça coûte cher

L’efficacité d’un travail thérapeutique repose en partie sur le fait qu’il faille payer une certaine somme qui ne soit pas dérisoire.

Payer représente symboliquement le don de soi dans la thérapie et le prix que la personne donne à son mieux être. Payer permet également d’accorder de la valeur à sa parole, à son vécu.

Alors oui, une thérapie doit coûter mais elle ne doit pas non plus vous mettre financièrement en difficulté. Elle doit permettre un réel investissement de votre part.

Mais, si vous avez des difficultés, osez en parler avec votre thérapeute, il saura trouver avec vous la solution la plus adaptée.

Un psy ça ne parle pas

L’image du psy qui dodeline de la tête en faisant « hmm hmm » en vous écoutant d’un air rêveur est plus un cliché que le cinéma aime mettre en scène qu’une réalité au quotidien.

Si l’écoute attentive fait partie de la thérapie, la plupart des psychologues et psychothérapeutes interviennent, reformulent, relancent, questionnent, rebondissent sur un mot, une phrase, une association que le patient a pu verbaliser.

Mais les silences restent importants car certains sont stratégiques.

  • Le silence place le patient face à lui-même.
  • Le silence aide à faire émerger des affects inconscients, refoulés et à trouver sa propre vérité.
  • Le silence pousse à aller plus loin et même s’il se prolonge, il n’est jamais vide mais correspond souvent à des résistances.
  • Le silence peut permettre à ce qui vient d’être dit de « flotter » dans l’air et dans la mémoire auditive du patient ce qui permet souvent de prendre conscience de ce qui ne pouvait être révélé jusqu’alors.